« Tout ce qui est excessif est (-il vraiment) insignifiant ? »

« Tout ce qui est excessif est insignifiant »

La citation est très fréquente.

Mais à qui revient-elle ?

C’est à Talleyrand qu’on attribue généralement la paternité de ce dicton bien commode et fort populaire. Une petite minorité fait aussi de Beaumarchais l’auteur de la formule.

Mais s’il est fort, le propos est-il pour autant juste ?

Tout dépend de ce que l’on mesure.

Si l’on a affaire à une grandeur régie par la loi des grands nombres et répartie selon une loi de Gauss, ce sont généralement la moyenne et l’écart-type qui importent : il est courant de ne pas tenir compte des premier et dernier déciles.

Gauss

=> Dans ce cas, ce qui est excessif est alors en effet insignifiant.

Mais si l’on est devant un phénomène qui suit une loi de Pareto (loi des 80/20), c’est au contraire ce qui se passe aux extrêmes qui importe :

Pareto

=> ce qui est excessif est signifiant.

Dans sa théorie du cygne noir, Nassim Nicholas Taleb, l’un des rares économistes ayant vraiment prévu la crise des subprimes, explique que la bourse évolue selon une loi de Pareto et non de Gauss. Et qu’à l’avoir oublié, d’aucuns ont été pris de court par la panique financière de 2008 !

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