Lisible & visible

On disait compréhensible, intelligible, ou plus simplement clair.

Mais voilà que, dans le langage politique, ces trois-là s’effacent devant le plus récent lisible.

D’une réforme qui ne passe pas dans l’opinion publique, on dira qu’elle est insuffisamment lisible, ou d’un plan d’action mal compris qu’il faut le rendre plus lisible.

Inutile d’être rédigé pour être lisible !

Mieux vaut d’ailleurs ne pas l’être, cela complique toujours : pour être lisible, il suffit de donner du sens, et à cet égard la communication verbale ou graphique n’a pas son pareil.

Ce sont les sémiologues qui ont remis le mot à la mode.

Balzac l’emploie avec sa signification actuelle, mais il s’éclipse ensuite et il faut attendre un siècle avant que Barthes et Baudrillard ne lui redonnent du tonus.

Si le terme foisonne dans l’arène politique et pénètre maintenant l’entreprise, c’est qu’il porte un double message : celui de l’intelligibilité d’une part, mais aussi d’autre part celui de la visibilité.

Etre lisible, c’est en effet être à la fois compréhensible et reconnaissable.

Deux composantes indispensables de tout bon message marketing.

Deux attributs nécessaires des produits qui réussissent.

Deux qualités obligatoires du manager qui progresse.

Et deux raisons de s’imposer dans le langage professionnel.

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